A chacun sa façon de rendre hommage aux douze victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. A Besançon, l’entreprise Beuillot, connue pour ses tee-shirts humoristiques, a choisi d’utiliser son savoir-faire. D’ici demain matin, plus de mille tee-shirts « Je suis Charlie » vont être fabriqués.

19_t-shirt_je_suis_charlie_fabriques_a_besanconLe tee-shirt « Je suis Charlie » fabriqué à Besançon

Jean-Paul Marquiset, le responsable de la société Beuillot, est « en deuil ». L’hebdomadaire satirique a accompagné ses joies et ses peines depuis son adolescence. Pas question de faire de cette fabrication une affaire commerciale, ces tee-shirts noirs seront vendus 5 euros : 2.5 euros pour le coût de fabrication et 2.5 euros pour le collectif Charlie Hebdo ou Reporters  sans frontières. Les salariés n’ont pas compté leurs heures, c’est une action bénévole. La mairie de Besançon va mettre à disposition du fabricant bisontin une tente pour la vente prévue demain matin place du 8 septembre en vue de la manifestation de soutien organisée place de la Révolution à 14 heures.

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Tee-shirt « Je suis Charlie » de Besançon

Jean-Paul Marquiset Société « Beuillot.com »


Jean-Paul Marquiset, fondateur de la société familiale Beuillot, ici au côté de son graphiste « Jean-Mi » Mourey ont finalisé le T-shirt « Je suis Charlie » qui sera ce samedi vendu au profit de Charlie-Hebdo. Photo Ludovic LAUDE

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On ne présente plus la société familiale bisontine Beuillot, crée en 2006 par Jean-Paul Marquiset avec le photographe Denis Maraud. Il y avait les « Ti-Chorts » francs-comtois, tabliers de cuisines, « meugs » et autres objets du quotidien dérivés et signés de mots et expressions du patois comtois. D’ici samedi et la marche citoyenne, il y aura un millier de T-shirts noirs frappés du cri du cœur « Je suis Charlie ». « Mercredi soir, mon fils qui est en Terminale au lycée Pasteur, m’a demandé ‘’ papa, tu peux me préparer un slogan que je plaquerai sur mon sac à dos pour descendre dans la rue ?’’ Je lui ai dit pourquoi ne prends-tu pas « Je suis Charlie » ? Ça ne lui a pas plus, il voulait se différencier, alors il s’est débrouillé seul. Mais j’ai vu ensuite, sur Canal +, un présentateur portant ce tee-shirt, ça m’a alors trotté dans la tête. Et ce jeudi matin, je me suis dit, on va le faire… »

Le spécialiste made in French’County passait alors en revue ses stocks de T-shirts noirs, prenait contact avec son sérigraphe qui acceptait de le suivre « quitte à travailler toute la nuit… » et faisait ses comptes : « On pourra reverser 2,50 € par T-shirt sur les 5 €, sachant que le prix coûtant nous revient à 2,50 €…» Une somme qui viendra répondre à la souscription pour Charlie Hebdo. Et si elle n’est pas confirmée, « on reverserait tout à Reporters sans frontières… » La mairie de Besançon était aussi sollicitée et « non seulement nous a autorisés à les vendre samedi place Saint-Pierre, mais nous installera aussi un barnum… »

 

T-shirt noir « Je suis Charlie », en vente 5 €, place Saint-PIerre à Besançon, samedi de 10 h à 19 h.




Après les « Ti-Chorts » francs-comtois, tabliers de cuisines et autres « meugs » signés de mots et expressions du patois, Jean-Paul Marquiset et sa fille Ludivine revisitent « la pelle à ch’ni ».

Après les « Ti-Chorts » francs-comtois, tabliers de cuisines et autres « meugs » signés de mots et expressions du patois, Jean-Paul Marquiset et sa fille Ludivine revisitent « la pelle à ch’ni ».

L’Est Républicain 2/12/2013

«À quatre heures ce soir, j’suis de balayage, je le foutrai derrière le mur de la cour en venant vider le chenit », écrivait Louis Pergaud dans « La Guerre des boutons ».

Un siècle plus tard (101 ans précisément après parution du roman publié en 1912), le fameux « chenit », également écrit « chenis » mais aussi et surtout prononcé « ch’ni » et désignant les poussières du sol et de sous les meubles, retrouve ses lettres de noblesses.

Le voici tout de plastique et design qui fait son entrée dans le troisième millénaire par le truchement de Jean-Paul et Ludivine Marquiset. Lesquels lancent en effet leur « Véritable pelle à ch’ni ».

Père et fille n’en sont pas à leur coup d’essai. Depuis 2006, Jean-Paul Marquiset a créé avec le photographe Denis Maraud une ligne de » Ti-Chorts » reprenant mots et expressions du patois franc-comtois (beugner, beuillot, daubot, goumeau, comme que comme, etc..)

Imités depuis, ce qu’ils considèrent comme une « saine émulation », ils n’ont pas cessé cependant de tenter de damer le pion à la concurrence en créant de nouveaux produits.

Toute une aventure

Il y a d’abord eu les « meugs », dont le fameux « Comtois rends-toi, nenni ma foi » demeure en tête des ventes, talonné dans le Haut-Doubs et nord franche-comté par « Oïwah ! ». Puis les t-shirts enfant, les layettes (« fabriqué en Franche-Comté », « Élevé à la cancoillotte »…), les tabliers de cuisine (« Fondue comtoise », « Hips hips hips Jura »…) et don désormais la « Véritable pelle à ch’ni ».

« Oh là là, c’est toute une aventure ! » sourient aujourd’hui les créateurs et promoteurs du projet. Car s’ils étaient tout enthousiastes lorsqu’ils en ont eu l’idée au printemps dernier, ils l’aventure s’est avérée plus compliquée qu’escompté.

« Après de multiples recherches, nous avions réussi à trouver un produit fabriqué en Italie et revendu par des Anglais et avions conclu une commande en se disant qu’au moins ça resterait un produit européen », relate Jean-Paul Marquiset. « Mais en recevant les produits début octobre », précise sa fille est associée Ludivine, « patatras, c’était un peu comme dans le film ’’La Vérité si je mens !’’, les produits ne correspondaient pas… » C’est ainsi que, dans l’urgence, ils ont mobilisé l’entreprise de reproduction bisontine AM-Seri qu leur a réalisé des sérigraphies qu’il a fallu ensuite transférer sur les supports après avoir ôté le décors défectueux.

« Avec de jolis petits sacs à dos »

Mais aujourd’hui « ouf ! Ça y est, tout est prêt, y compris les jolis petits sacs à dos pour porter les pelles à ch’ni en question », souffle Jean-Paul Marquiset, vêtu de l’un des 25 Ti-Chorts qu’il a créés (en l’occurrence le « The Beasontins are sympas ! » imitant la typographie des albums des Beatles).

« Reste maintenant à souhaiter que nos pelles à ch’ni auront autant de succès que nos Ti-Chorts », espère Ludivine Marquiset, sachant que nos modèles « Touche pas à mon pot’cancoillotte » et « Je m’absinthe pour l’apéro » sont toujours en tête des ventes. »

 

« La Véritable pelle à ch’ni », vendue 25,90€ pièce ainsi que les Ti-Chorts (23€ taille adulte, 18€ taille enfant) et les « meughs » (9,90€ pièce) sont notamment en vente chez Doubs Direct, place Pasteur à Besançon et sur le site www.beuillot.com.

Pierre LAURENT

 




La terre de chez nous 25/08/07

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Denis Maraux et Jean-Paul Marquiset portant leur création : le « ti-chort à mot(s) comté ». Une idée décalée et rigolote qui séduit les Francs-Comtois d’ici et d’ailleurs.

 

Jean-Paul Marquiset et Denis Maraux s’amusent à reprendre des mots francs-comtois sur des tee-shirts. Une idée originale qui plaît.

Beugner, beuillot, cancoillotte, cheni, daubot, daubotte, oïwah, viôsse se déclinent sur les « ti-chorts 100 % francs-comtois » conçus par Jean-Paul et Denis. Les deux compères ont eu envie de parler de la Franche-Comté à leur manière, avec un peu d’humour. Et ça donne ceci : Viôsse n. f. injure à un animal. « Ça fait des heures que c’te viôsse aboie. » Ou encore : Daubotte adj. et n. Idiote, folle. « Elle est complétement daubotte depuis qu’elle fréquente le Gérard. » On est pas loin de l’humour de la Madeleine Proust.

Au départ commerçant, Jean-Paul Marquiset a eu envie de créer des tee-shirts à partir de visuels sur la Franche-Comté. « De façon inconsciente, je me suis rendu compte qu’il y avait un déficit d’images sur la Franche-Comté. » C’est ainsi qu’il a contacté le photographe Denis Maraux. « Je connais Jean-Paul depuis longtemps, c’est lui qui a crée le carnaval de Maîche. »

De l’image aux mots

Finalement, les deux compères ont abandonné l’idée d’utiliser des images. Denis Maraux, s’inspirant de l’humour des Irlandais — qui n’hésitent pas à mettre en avant le fait qu’il pleuve tous les jours — a eu l’idée d’ironiser sur la Franche-Comté à partir d’expressions régionales. « Hormis ça, il n’y a pas de choses propres à chez nous. Ça me semblait évident, l’expression avec le côté dictionnaire. » Plutôt qu’une expression, Jean-Paul et Denis ont cherché des mots francs-comtois. « On est plus sur le parler, que le patois », précise Denis Maraux. Partis d’une pré-selection de 15 à 20 mots, ils en ont finalement retenus six. Depuis la gamme s’est un peu étendue.

Lancés en mai 2006, les premiers « ti-chorts » ont d’abord fait un flop. Jean-Paul Marquiset a démarché les sites touristiques. Mais

l’idée n’a pas séduit. C’est en septembre, au salon du livre les Mots Doubs, que Denis Maraux a causé un véritable électrochoc autour de lui. Revêtant chaque jour un « ti-chort », il a très vite fait l’unanimité. « Les gens me disaient que c’était super. Deux librairies, Cart à Besançon et Forum à Montbéliard, ont souhaité les mettre en vente. »

Chez Cart, les « ti-chorts » s’exhibent en vitrine. Très vite, ils sont remarqués par les médias, le public. « Entre octobre et décembre, le ti-chort représentait la première vente chez Cart ! » Un véritable succès. De fil en aiguille, d’autres magasins et les sites touristiques, réfractaires à l’origine, l’ont mis en vente. On trouve également le « ti-chort » sur le site www.beuillot.com

« Quand tu portes daubot, tu ne le deviens pas »

Vendu dans un emballage « à mot(s) comté » chaque « ti-chort » se décline en noir ou en blanc, et depuis ce printemps une ligne féminine est apparue, avec un « ti-chort » plus près du corps et une couleur supplémentaire : le rose.

Les deux complices réfléchissent à de nouveaux modèles, notamment à manches longues. Ce qui s’impose vu l’été frais et pluvieux, qui ne fera pas mentir l’adage, bien connu des Francs-Comtois : « En Franche-Comté il y a deux saisons : l’hiver et le 15 août ».

Ils envisagent aussi de reprendre leur mots préférés sur d’autres objets, type « mugs ».

Jean-Paul Marquiset et Denis Maraux sont en tout cas heureux de faire passer une idée un peu décalée et marrante de la Franche-Comté. Un concept compris par ses habitants. « On fait l’unanimité, quel que soit l’âge, la catégorie sociale ». Et puis ajoute Denis : « Quand tu portes daubot, tu ne le deviens pas. »

Florence Mourey


La Presse Bisontine n° 73 janvier 2007

Presse Bisontine janvier 2007

Des T-shirts arborant des expressions comtoises rigolotes.
Lancée par deux bisontins il y a quelques semaines, la formule cartonne en cette fin d’année.

« Beugner » v.tr. Frapper, heurter. « En sortant du garage, elle a beugné la voiture » peut on lire sur le T-shirt noir. C’est la dernière mode bisontine : porter son T-shirt estampillé comtois, barré d’une expression courante du « parler comtois » accompagné de sa traduction.

A l’origine de l’idée, deux Bisontins,le photographe Denis Maraux et Jean-Paul ancien commerçant, qui voulaient gentiment tourner en dérision l’image de la région. Les T-shirts vendus dans les boutiques touristiques sont trop fades, trouvent ils. « Dans beaucoup de pays, on ose détourner l’image, se moquer des clichés de la région. Les Suisses ou les Irlandais savent très bien le faire et cela fonctionne ». En Franche-Comté, on se plaint du déficit d’image. Osons rire de nous-mêmes, de notre climat, de notre accent…, affirme Denis Maraux. Les deux compères ont donc sélectionné cinq mots comtois.
Au départ, personne n’y croyait. Démarchés, les sites touristiques de la région et leurs boutiques de souvenirs pour les touristes ont opposés un refus poli au T-shirt. Trop décalé. C’est au salon littéraire des Mots Doubs, en septembre, que tout démarre. Invité à dédicacer ses livres de photos, Denis Maraux porte un de ses T-shirts comtois. Effet immédiat. « L’accueil du public a été génial. Tout le monde m’en parlait. On s’est dit alors que le leilleur endroit pour commercialiser ce T-shirt était les librairies », reprend Denis Maraux. Depuis, en vente à la librairie Cart, à Besançon, les T-shirts comtois cartonnent. « Désormais, il s’en vend une trentaine par jour et cela ne fait que s’amplifier », s’étonne Denis Mmaraux, qui avoue avoir été pris de court par le succès des T-shirts.
En prévision des fêtes de fin d‘année, 500 nouveaux T-shirts ont été commandés. Devant l’engouement, les deux créateurs doivent bientôt ouvrir leur site internet, www.beuillot.com, pour vendre en ligne les T-shirts. Et ils envisagent déjà d’étendre la gamme en ajoutant de nouvelles expressions comtoises, déclinées aussi sur des mugs… le filon est inépuisable.

Solène Davesne – La Presse Bisontine


L’Est Republicain 16/12/06

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Deux Bisontins viennent de créer « A mots Comté », une ligne de t-shirts 100 % coton sur un concept 100 % comtois pour mettre en vedette des termes typiquement régionaux.

BESANÇON. – Le parler comtois a désormais ses lettres de noblesses. Beugner, beuillot, cheni, daubot, taugnée, viôsse et autres « oïwah ! », ces mots qui parlent aux Franc-Comtois s’affichent désormais en grands caractères comme autant de stars sur des t-shirts.

L’idée est née de deux Bisontins, Jean-Paul Marquiset et Denis Maraux. Le premier, qui a été à l’origine du Carnaval de Maîche et tenait un magasin de vêtements à Besançon rue Morand, voulait se remettre en selle après s’être mis au vert pendant deux ans. Le second, photographe aux nombreuses publications, taquinait depuis longtemps le projet de créer des produits dérivés pour promouvoir et vanter la Franche-Comté.

Partir des clichés

L’étincelle a jailli entre deux verres de savagnin. Pourquoi ne pas partir des clichés attachés à la Franche-Comté pour en faire autant d’atouts ? « Regardez l’Irlande par exemple, où il fait beau plusieurs fois par jour… Personne n’a une image négative du pays ! Pourquoi ? Parce que les Irlandais parlent de leur climat et de leur caractère avec humour. Et vous avez ainsi par exemple des t-shirts pour évoquer les quatre saisons en Irlande avec quatre moutons : trois arrosés par la pluie et un couvert de neige. C’est cet esprit-là que l’on a envie d’initier ici sur le mode « En Franche-Comté il y a deux saisons : l’hiver et le quinze août ». »

Né l’hiver dernier, le projet a pris le temps de s’étoffer. « Nous avons d’abord fait une liste de 150 mots et expressions typiquement de la région. Puis nous en avons choisi une vingtaine que nous avons soumis à des proches et amis. Et sept mots ont émergé que nous avons imprimés. »

Le tandem s’est attaché les services d’un graphiste et a phosphoré pour écrire les définitions et exemples attachés à chaque locution. Ainsi pour « cheni » il est écrit : cheni n. m. Se prononce ch’ni. Poussières, balayures. « Prends la pelle à ch’ni ». « J’ai un ch’ni dans l’oeil. »

Le déclic aux Mots Doubs

Un joli coup de marketing. Même s’il n’a pas été évident de prime abord de convaincre les commerçants. Le duo pensait initialement diffuser ses produits dans les boutiques de vêtements et les sites touristiques. Au début de l’été, Jean-Paul Marquiset a ainsi démarché les cibles potentielles (offices de tourisme, magasins spécialisés). Mais bernique, le concept n’a pas d’emblée séduit outre mesure.

Le déclic est venu grâce au photographe, Denis Maraux. « J’ai porté un de nos t-shirts sur le salon des Mots Doubs à Besançon, fin septembre. Là, l’accueil a été formidable, tant côté libraires que grand public. » Dans la foulée, deux librairies ont accepté de mettre en vitrine leurs produits : Cart à Besançon et Forum à Montbéliard. Et dès la fin de cette semaine, il sera possible d’en commander via internet. « Je suis allé faire une installation chez Cart et j’en ai vendu trois en l’espace de quelques minutes », relate Jean-Paul Marquiset. « Que ce soient des ados ou des mamies, tout le monde flashe dessus. C’est encourageant. »

Sûr que d’ici Noël, nombre de Comtois vont se dire qu’ils auront « meilleur temps » d’acheter un de ces t-shirts du cru et rigolos (vendus 15 € pièce) comme cadeau. D’ores et déjà, les deux compères envisagent de s’attaquer à d’autres supports, comme des mugs, avec d’autres expressions ou slogans toujours made in Franch’County. En attendant, les premiers indices commerciaux et les fêtes de fin d’année qui se profilent à l’horizon laissent présager pour leurs t-shirts un succès XXL.

Pierre Laurent – L’Est Républicain 16/12/06
Crédit pour la photo de l’Est Républicain : Photo Ludovic LAUDE