L’Est Republicain 16/12/06

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Deux Bisontins viennent de créer « A mots Comté », une ligne de t-shirts 100 % coton sur un concept 100 % comtois pour mettre en vedette des termes typiquement régionaux.

BESANÇON. – Le parler comtois a désormais ses lettres de noblesses. Beugner, beuillot, cheni, daubot, taugnée, viôsse et autres « oïwah ! », ces mots qui parlent aux Franc-Comtois s’affichent désormais en grands caractères comme autant de stars sur des t-shirts.

L’idée est née de deux Bisontins, Jean-Paul Marquiset et Denis Maraux. Le premier, qui a été à l’origine du Carnaval de Maîche et tenait un magasin de vêtements à Besançon rue Morand, voulait se remettre en selle après s’être mis au vert pendant deux ans. Le second, photographe aux nombreuses publications, taquinait depuis longtemps le projet de créer des produits dérivés pour promouvoir et vanter la Franche-Comté.

Partir des clichés

L’étincelle a jailli entre deux verres de savagnin. Pourquoi ne pas partir des clichés attachés à la Franche-Comté pour en faire autant d’atouts ? « Regardez l’Irlande par exemple, où il fait beau plusieurs fois par jour… Personne n’a une image négative du pays ! Pourquoi ? Parce que les Irlandais parlent de leur climat et de leur caractère avec humour. Et vous avez ainsi par exemple des t-shirts pour évoquer les quatre saisons en Irlande avec quatre moutons : trois arrosés par la pluie et un couvert de neige. C’est cet esprit-là que l’on a envie d’initier ici sur le mode « En Franche-Comté il y a deux saisons : l’hiver et le quinze août ». »

Né l’hiver dernier, le projet a pris le temps de s’étoffer. « Nous avons d’abord fait une liste de 150 mots et expressions typiquement de la région. Puis nous en avons choisi une vingtaine que nous avons soumis à des proches et amis. Et sept mots ont émergé que nous avons imprimés. »

Le tandem s’est attaché les services d’un graphiste et a phosphoré pour écrire les définitions et exemples attachés à chaque locution. Ainsi pour « cheni » il est écrit : cheni n. m. Se prononce ch’ni. Poussières, balayures. « Prends la pelle à ch’ni ». « J’ai un ch’ni dans l’oeil. »

Le déclic aux Mots Doubs

Un joli coup de marketing. Même s’il n’a pas été évident de prime abord de convaincre les commerçants. Le duo pensait initialement diffuser ses produits dans les boutiques de vêtements et les sites touristiques. Au début de l’été, Jean-Paul Marquiset a ainsi démarché les cibles potentielles (offices de tourisme, magasins spécialisés). Mais bernique, le concept n’a pas d’emblée séduit outre mesure.

Le déclic est venu grâce au photographe, Denis Maraux. « J’ai porté un de nos t-shirts sur le salon des Mots Doubs à Besançon, fin septembre. Là, l’accueil a été formidable, tant côté libraires que grand public. » Dans la foulée, deux librairies ont accepté de mettre en vitrine leurs produits : Cart à Besançon et Forum à Montbéliard. Et dès la fin de cette semaine, il sera possible d’en commander via internet. « Je suis allé faire une installation chez Cart et j’en ai vendu trois en l’espace de quelques minutes », relate Jean-Paul Marquiset. « Que ce soient des ados ou des mamies, tout le monde flashe dessus. C’est encourageant. »

Sûr que d’ici Noël, nombre de Comtois vont se dire qu’ils auront « meilleur temps » d’acheter un de ces t-shirts du cru et rigolos (vendus 15 € pièce) comme cadeau. D’ores et déjà, les deux compères envisagent de s’attaquer à d’autres supports, comme des mugs, avec d’autres expressions ou slogans toujours made in Franch’County. En attendant, les premiers indices commerciaux et les fêtes de fin d’année qui se profilent à l’horizon laissent présager pour leurs t-shirts un succès XXL.

Pierre Laurent – L’Est Républicain 16/12/06
Crédit pour la photo de l’Est Républicain : Photo Ludovic LAUDE


Aujourd’hui en France 11/12/06

Jean-Paul Marquiset et Denis Maraux, deux habitants de Besançon (Doubs), ont eu l’idée d’éditer des tee-shirts en patois franc-comtois. « Beugner » (frapper), « Daubot » (stupide) ou « Viôsse » (sale bête) font partie du vocabulaire choisi. Plusieurs centaines d’articles ont été vendus. Certains jusqu’aux Etats-Unis ou au Mexique.


Le Pays 10/12/06
Comment promouvoir la Franche-Comté?
Avec des mots et des tee-shirts. Fallait pas être « beuillot » pour imaginer ça…Ils en ont déjà vendu des centaines et la demande ne tarit pas. Jean-Paul Marquiset et Denis Maraux, les deux Bisontins qui ont lancé une ligne de tee-shirts « A mots Comté » n’en reviennent pas. D’autant plus que, dans un premier temps, l’idée avait fait un vrai flop auprès des commerçants et de tous ceux susceptibles de véhiculer l’image de la Franche-Comté. Il n’existe pourtant pas beaucoup de supports vantant les charmes encore trop discrets de la région.
Place à l’humourIl aura fallu que Denis Maraux, photographe, auteur de nombreuses publications, porte les tee-shirts à l’occasion du salon du livre de Besançon pour que le concept fasse tilt. En fait, les maillots sérigraphiés avec des mots du parler comtois sont désormais en vente au prix de 15 euros dans des librairies (Cart à Besançon et Forum à Montbéliard) ou, bientôt, sur internet (www.beuillot.com). Les deux compères ont deux préoccupations. Faire vivre le patrimoine de la Franche-Comté et, surtout, le faire avec humour. S’afficher avec un tee-shirt « Beugner », « Daubot » ou « Viôsse » sur la poitrine attise forcément les sourires… « Nous voulons des produits faisant état sans complexe de notre identité comtoise et prendre tout ce qui nous entoure avec humour », explique Denis Maraux. « La météo en Franche-Comté est un faux problème, il faut oser en rire comme le font les Irlandais chez qui la pluie n’arrête pas le flux des touristes ». Il n’est donc pas exclu que d’autres séries de tee-shirts voient le jour avec des expressions du genre:  » il y a deux saisons en Franche-Comté, l’hiver et le 15 août ». « Le Franc-Comtois a trop tendance à ne pas révéler son appartenance à sa région. Il a un peu la tête dans les épaules. Comme ailleurs, il s’agit simplement d’afficher sa fierté. Nous devons être vus de loin », résume Jean-Paul Marquiset, ancien commerçant originaire de Maiche où sont imprimés les tee-shirts.
« Les expatriés » en raffolent.Sont également envisagés l’utilisation de coton bio et le recours à du coton issu du commerce équitable. Quant au profil des amateurs, il n’est pas typé. Toutes les générations s’intéressent au produit du tamdem bisontin, surtout à la veille de Noël… Sans compter les « expatriés » qui veulent afficher leurs origines au Mexique ou aux Etats-Unis. Mais les deux compères ont-ils imaginer ce qui se passera le jour où une une « viôsse » croisera un « beugner » dans le métro new-yorkais?

Claude Mislin – Le Pays