Après les « Ti-Chorts » francs-comtois, tabliers de cuisines et autres « meugs » signés de mots et expressions du patois, Jean-Paul Marquiset et sa fille Ludivine revisitent « la pelle à ch’ni ».

Après les « Ti-Chorts » francs-comtois, tabliers de cuisines et autres « meugs » signés de mots et expressions du patois, Jean-Paul Marquiset et sa fille Ludivine revisitent « la pelle à ch’ni ».

L’Est Républicain 2/12/2013

«À quatre heures ce soir, j’suis de balayage, je le foutrai derrière le mur de la cour en venant vider le chenit », écrivait Louis Pergaud dans « La Guerre des boutons ».

Un siècle plus tard (101 ans précisément après parution du roman publié en 1912), le fameux « chenit », également écrit « chenis » mais aussi et surtout prononcé « ch’ni » et désignant les poussières du sol et de sous les meubles, retrouve ses lettres de noblesses.

Le voici tout de plastique et design qui fait son entrée dans le troisième millénaire par le truchement de Jean-Paul et Ludivine Marquiset. Lesquels lancent en effet leur « Véritable pelle à ch’ni ».

Père et fille n’en sont pas à leur coup d’essai. Depuis 2006, Jean-Paul Marquiset a créé avec le photographe Denis Maraud une ligne de » Ti-Chorts » reprenant mots et expressions du patois franc-comtois (beugner, beuillot, daubot, goumeau, comme que comme, etc..)

Imités depuis, ce qu’ils considèrent comme une « saine émulation », ils n’ont pas cessé cependant de tenter de damer le pion à la concurrence en créant de nouveaux produits.

Toute une aventure

Il y a d’abord eu les « meugs », dont le fameux « Comtois rends-toi, nenni ma foi » demeure en tête des ventes, talonné dans le Haut-Doubs et nord franche-comté par « Oïwah ! ». Puis les t-shirts enfant, les layettes (« fabriqué en Franche-Comté », « Élevé à la cancoillotte »…), les tabliers de cuisine (« Fondue comtoise », « Hips hips hips Jura »…) et don désormais la « Véritable pelle à ch’ni ».

« Oh là là, c’est toute une aventure ! » sourient aujourd’hui les créateurs et promoteurs du projet. Car s’ils étaient tout enthousiastes lorsqu’ils en ont eu l’idée au printemps dernier, ils l’aventure s’est avérée plus compliquée qu’escompté.

« Après de multiples recherches, nous avions réussi à trouver un produit fabriqué en Italie et revendu par des Anglais et avions conclu une commande en se disant qu’au moins ça resterait un produit européen », relate Jean-Paul Marquiset. « Mais en recevant les produits début octobre », précise sa fille est associée Ludivine, « patatras, c’était un peu comme dans le film ’’La Vérité si je mens !’’, les produits ne correspondaient pas… » C’est ainsi que, dans l’urgence, ils ont mobilisé l’entreprise de reproduction bisontine AM-Seri qu leur a réalisé des sérigraphies qu’il a fallu ensuite transférer sur les supports après avoir ôté le décors défectueux.

« Avec de jolis petits sacs à dos »

Mais aujourd’hui « ouf ! Ça y est, tout est prêt, y compris les jolis petits sacs à dos pour porter les pelles à ch’ni en question », souffle Jean-Paul Marquiset, vêtu de l’un des 25 Ti-Chorts qu’il a créés (en l’occurrence le « The Beasontins are sympas ! » imitant la typographie des albums des Beatles).

« Reste maintenant à souhaiter que nos pelles à ch’ni auront autant de succès que nos Ti-Chorts », espère Ludivine Marquiset, sachant que nos modèles « Touche pas à mon pot’cancoillotte » et « Je m’absinthe pour l’apéro » sont toujours en tête des ventes. »

 

« La Véritable pelle à ch’ni », vendue 25,90€ pièce ainsi que les Ti-Chorts (23€ taille adulte, 18€ taille enfant) et les « meughs » (9,90€ pièce) sont notamment en vente chez Doubs Direct, place Pasteur à Besançon et sur le site www.beuillot.com.

Pierre LAURENT