Aujourd’hui en France 11/12/06

Jean-Paul Marquiset et Denis Maraux, deux habitants de Besançon (Doubs), ont eu l’idée d’éditer des tee-shirts en patois franc-comtois. « Beugner » (frapper), « Daubot » (stupide) ou « Viôsse » (sale bête) font partie du vocabulaire choisi. Plusieurs centaines d’articles ont été vendus. Certains jusqu’aux Etats-Unis ou au Mexique.


Le Pays 10/12/06
Comment promouvoir la Franche-Comté?
Avec des mots et des tee-shirts. Fallait pas être « beuillot » pour imaginer ça…Ils en ont déjà vendu des centaines et la demande ne tarit pas. Jean-Paul Marquiset et Denis Maraux, les deux Bisontins qui ont lancé une ligne de tee-shirts « A mots Comté » n’en reviennent pas. D’autant plus que, dans un premier temps, l’idée avait fait un vrai flop auprès des commerçants et de tous ceux susceptibles de véhiculer l’image de la Franche-Comté. Il n’existe pourtant pas beaucoup de supports vantant les charmes encore trop discrets de la région.
Place à l’humourIl aura fallu que Denis Maraux, photographe, auteur de nombreuses publications, porte les tee-shirts à l’occasion du salon du livre de Besançon pour que le concept fasse tilt. En fait, les maillots sérigraphiés avec des mots du parler comtois sont désormais en vente au prix de 15 euros dans des librairies (Cart à Besançon et Forum à Montbéliard) ou, bientôt, sur internet (www.beuillot.com). Les deux compères ont deux préoccupations. Faire vivre le patrimoine de la Franche-Comté et, surtout, le faire avec humour. S’afficher avec un tee-shirt « Beugner », « Daubot » ou « Viôsse » sur la poitrine attise forcément les sourires… « Nous voulons des produits faisant état sans complexe de notre identité comtoise et prendre tout ce qui nous entoure avec humour », explique Denis Maraux. « La météo en Franche-Comté est un faux problème, il faut oser en rire comme le font les Irlandais chez qui la pluie n’arrête pas le flux des touristes ». Il n’est donc pas exclu que d’autres séries de tee-shirts voient le jour avec des expressions du genre:  » il y a deux saisons en Franche-Comté, l’hiver et le 15 août ». « Le Franc-Comtois a trop tendance à ne pas révéler son appartenance à sa région. Il a un peu la tête dans les épaules. Comme ailleurs, il s’agit simplement d’afficher sa fierté. Nous devons être vus de loin », résume Jean-Paul Marquiset, ancien commerçant originaire de Maiche où sont imprimés les tee-shirts.
« Les expatriés » en raffolent.Sont également envisagés l’utilisation de coton bio et le recours à du coton issu du commerce équitable. Quant au profil des amateurs, il n’est pas typé. Toutes les générations s’intéressent au produit du tamdem bisontin, surtout à la veille de Noël… Sans compter les « expatriés » qui veulent afficher leurs origines au Mexique ou aux Etats-Unis. Mais les deux compères ont-ils imaginer ce qui se passera le jour où une une « viôsse » croisera un « beugner » dans le métro new-yorkais?

Claude Mislin – Le Pays